Haïti 5: Haïti/NYC/Paris + bilan

 

 

 

HAITI : Jour 14 départ pour NYC
Réveil à 6h : malheureusement le jour du départ est arrivé! Par chance, ce matin l’électricité fonctionne sinon je ne sais pas comment on aurait pu faire les bagages dans le noir ! Le problème c’est qu’il n’y a plus d’eau donc on ne peut même pas nettoyer l’appart ni tirer la chasse d’eau. Avec autant de monde qui a la tourista c’est l’horreur ! Bon, il vaut mieux changer de sujet !…
Le départ est mouvementé car nous ne trouvons plus le téléphone prêté par Milena et Joël, ni l’appareil photo d’Esther. Il ne reste que la sacoche vide. Sur le coup, on panique pour une seule chose, le téléphone, car c’est le téléphone perso de Joël avec tous ses contacts à l’intérieur. Une fois dans le mini-bus, on réussit enfin à réfléchir posément et on réalise que ce sont les deux seules choses de valeur que nous avons laissées dans l’appartement hier soir. Nous sommes donc convaincus qu’il y a eu un vol dans l’appart : monter sur le balcon ne prend que quelques secondes et ensuite on peut ressortir tranquillement par la porte. C’est quand même nous qui n’avions pas bloqué complètement les volets métalliques donc forcément, on s’en veut. On appelle Milena pour s’excuser et lui proposer de la rembourser…
Au sommet de la montagne, on traverse un gros marché où tout le monde arrive à dos d’âne. C’est impressionnant car on a l’impression que c’est au milieu de nulle part!
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Ansy me prête son portable pour que j’appelle Choublenka car elle m’a dit hier qu’ils voulaient venir nous dire au revoir à l’aéroport. On réussit à se retrouver mais il n’y a qu’Edith et Choublenka et Odenson est vraiment très déçu de ne pas voir Loveline. Choublenka nous explique qu’ils ne pouvaient payer que 2 trajets en bus et que Loveline pleurait de devoir rester à Gonaïves. Moi aussi, ça me met les larmes aux yeux d’apprendre ça… On avait décidé dès le début d’essayer de ne pas dépenser trop d’argent donc on leur laisse toutes les gourdes qu’il nous reste. On profite aussi d’être à l’aéroport pour acheter quelques souvenirs, ce que nous n’avons pas pu faire tout au long du séjour. On reste très raisonnables car, côté tarif, c’est par exemple 5 dollars pour un petit porte-clefs de rien du tout ! Je crois quand même qu’en France on va difficilement nous croire lorsqu’on va dire qu’on n’a jamais eu l’opportunité d’aller dans un magasin !
Ensuite les valises ont droit à une fouille complète ! C’est comme à New York sauf que les hommes remplacent les machines.
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Arrivés à New York, c’est le choc: on passe de 30°C à -10°C! Mais on est moins perdus qu’à l’aller. On sait déjà où on doit prendre les 2 taxis pour Manhattan. Mon taxi qui fait le trajet en 45 minutes me demande 75 dollars alors que celui de Bernard qui tourne 1/2h de plus car il ne connaît pas le quartier demande 57 ! De toute façon, à l’aller c’était pareil…
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On débarque sur le lieu du concert avec toutes nos valises, c’est très discret! On commande à manger et le repas arrive ¼ d’heure avant notre passage sur scène ! C’est minuté, il ne faut pas traîner. Ici les groupes s’enchainent toutes les heures. C’est paiement au chapeau + pourcentage sur les consommations au bar.
On fait donc un programme d’une heure. Ca se passe bien mais on préférait l’ambiance du 1er resto. Il y avait moins de monde mais c’était vraiment des amateurs de jazz. Ici c’est ambiance jeune (mais non, on n’a rien contre les jeunes !), spots clignotants et fumée sur scène ! On est ensuite rejoints par Julien que nous avions rencontré lors de notre 1er passage à NYC et qui nous avait proposé de nous héberger! Forcément ça nous épate car même nous qui sommes, je crois, très accueillants en été lorsque nous sommes en vacances en Sardaigne, nous sommes beaucoup moins accueillants en hiver, lorsque nous sommes débordés par le travail avec une maison en chantier qui ne ressemble à rien parce que le ménage passe après tout le reste. En tout cas, on a appris après que Julien avait une soirée avec ses étudiants (il est prof de socio à la fac). Il s’est absenté exprès pour venir nous chercher et nous amener chez lui. Il nous a laissé tout l’appart, même son fils a dormi sur le canapé et lui, il a dormi chez sa copine, et ses 2 autres enfants chez leur mère. Il avait préparé tous les lits spécialement pour nous. On était vraiment touchés. Et encore maintenant, en y pensant, sa gentillesse nous bouleverse !
La nuit est fraîche (le réglage du chauffage est commun à tout l’immeuble) mais on est surtout choqués par le calme !

HAITI : Jour 15 NYC-Paris
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Julien nous rejoint en fin de matinée. On lui dit qu’on aimerait trouver des sandwichs et il nous emmène en face de chez lui dans un supermarché très sympa, qui fait aussi traiteur, plats à emporter en libre service etc. Julien se sert d’ailleurs une sorte de soupe dans un grand verre avec couvercle. Pour nous qui sommes isolés dans la campagne, c’est sûr qu’on trouve que ça doit être bien pratique d’avoir ça en face de chez soi. Julien nous propose ensuite de nous faire découvrir New York. Mais les enfants n’ont aucune envie d’affronter le froid, même pour une visite de New York ! Ils préfèrent rester tous ensemble sous la couette devant un film : voilà ce qu’ils auront vu de New York !
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Au moins ça va nous permettre de partir tôt à l’aéroport. A l’aller, nous étions tous éparpillés dans l’avion et là nous voulons nous enregistrer très tôt sur les bornes électroniques pour éviter ce problème. Le trajet dure environ 8h alors c’est quand même plus sympa d’être assis les uns à côté des autres. Par contre l’avion est équipé avec un écran pour chaque passager et les enfants ne se sont jamais plaints de trouver le vol trop long !
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Nous quittons donc notre héros new-yorkais en sachant qu’on va se revoir, que ce soit ici ou en Europe !
Juste avant de monter dans l’avion, la neige se remet à tomber et l’avion doit être intégralement dégivré avant de pouvoir décoller.
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Après plusieurs heures de vol, à 22h heures pour nous, on nous apporte le petit déj’ (4h du matin heure française) car l’avion doit se poser 1h plus tard. Donc notre nuit est terminée avant même d’avoir commencé!
Ensuite on enchaîne avec le train. On a du mal à joindre Jérôme pour lui dire que nous avons réussi à prendre un train plus tôt mais on finira quand même par se retrouver. Arrivés chez nous la maison est glaciale (sans chauffage pendant 15 jours) et on n’a qu’une envie c’est de filer sous la couette ! En fait la première semaine va être terrible car on n’a pas sommeil le soir et on n’arrive pas à se réveiller le matin ! Et pourtant il faut aller bosser !

En conclusion, on a envie de dire un immense merci à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce beau projet qui nous tenait tant à cœur et qui s’est concrétisé par une cinquantaine d’heures de musique partagée avec une centaine de musiciens haïtiens!

BILAN SUR LA SITUATION DES ECOLES DE MUSIQUE
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Voici le bilan que nous avons transmis, en particulier à Patrimoine sans Frontières:

1. Les besoins ne sont pas tous les mêmes d’une école à l’autre

2. Beaucoup d’instruments dans un état qui rend l’utilisation très difficile

3. Un besoin très important de réparateurs d’instruments (ex : pour détordre des coulisses de trombone). Il faudrait former des personnes dans plusieurs villes du pays.

4. Ils manquent aussi énormément de petit matériel même si nous en avons distribué dans chaque école. Ils ont besoin d’anches de toutes sortes (par exemple nous avons pensé à la clarinette et au sax mais nous avons oublié le hautbois), de graisse pour les coulisses de trombone, de pupitres (à St-Marc, ils ont dû faire plusieurs heures de route pour en emprunter aux Gonaïves) etc.

5. En règle générale les écoles ont des problèmes de locaux. A St-Marc nous n’avons pas pu intervenir à l’école car c’était trop petit (nous avons vu seulement l’extérieur). A Gonaïves cela fonctionne seulement le vendredi après-midi et le samedi car c’est dans une école (primaire/collège/lycée) et elle est occupée le reste du temps : la moitié des élèves a classe le matin, l’autre moitié l’après-midi et il ne peut pas y avoir de musique ensuite car la nuit tombe très tôt vers 17h30 et le quartier est un bidonville donc les élèves évitent de circuler de nuit. Au Cap je n’ai pas vraiment visité mais la pièce commune était toute petite. A Jacmel, il n’y a qu’une salle en bas, une salle au dessus (+ une cour et une terrasse) mais ils doivent bientôt quitter les lieux et ne savent pas encore où ils vont pouvoir aller. Il faudrait vraiment que les communes puissent mettre des locaux à leur disposition.

6. Les profs sont quasiment tous des bénévoles qui ont un autre travail. Ex : le directeur de Cemuchca au Cap est contrôleur aérien…

7. Ma plus grande surprise a surtout été d’apprendre que les élèves n’ont pas le droit d’emmener leur instrument à la maison donc ils ne peuvent pas s’entraîner pendant la semaine, sauf à l’école de musique s’ils réussissent à trouver un petit coin tranquille, ce qui est quasiment impossible étant donné la taille des locaux et le nombre d’élèves. Je pense que ça vaudrait le coup de tenter une nouvelle formule où les élèves qui ont prouvé qu’ils étaient sérieux et motivés pourraient garder l’instrument chez eux…

8. Nous avons aussi constaté qu’au niveau des élèves ados ou jeunes adultes, il y avait très peu de filles.

9. Cela n’a pas un lien direct avec la musique mais de nombreux musiciens ne sont pas à l’aise en français. Ils sont pourtant assidus en classe mais ont souvent des enseignants qui ont eux-mêmes des difficultés en français.

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